II. — Aujourd’hui le Japon est divisé en 3 Shi ou villes et 45 Ken ou départements.
Les trois Shi sont : Tôkiô, Kiôtô, Osaka. Tôkiô, capitale de l’Empire depuis la Restauration de 1868, autrefois Yedo, capitale de Shôgun ou Lieutenant général, est le siège du gouvernement et la résidence de l’Empereur ; cette ville est divisée en arrondissements (ku) et renferme deux millions d’habitants. Les arrondissements sont : Kojimachi ; Kanda ; Nihombashi ; Kyosbashi ; Shiba ; Azabu ; Akasaka ; Yotsuya ; Ushigome ; Koishikawa ; Hongo ; Shitaya ; Asakusa ; Honjo ; Fukagawa.
Les districts suburbains sont : Ebara gôri ; Higashi tama gôri ; Minami Toshima gôri ; Kita toshima gôri ; Minami Adachi gôri ; Minami katsushika gôri.
Vers le moyen âge, l’emplacement où s’élève aujourd’hui Yedo, n’était qu’une plage de sable ; au XVe siècle, un guerrier nommé Ota Dôkwan prit possession du village de pêcheurs situé à l’estuaire du Sumida et appelé Ye do (bouche du fleuve) ; il y construisit une forteresse en 1456 ; Hideyoshi (Taikosama) s’empara de cette forteresse et ce fut son successeur Iyeyasu qui, en 1603, en fit sa capitale. Elle devint ainsi capitale des Shôgun, tandis que Kiôtô (miyako) restait la capitale des Empereurs. Le mikado actuel, Mutsu hito, vint s’y installer en 1868 et, au mois de septembre, changea le nom de la ville en celui de Tokiô.
A part les monuments officiels tels que les ministères, les casernes, l’état-major, les différentes écoles, etc., Tokiô est construit en bois. Aussi les incendies y font des ravages effroyables et brûlent souvent une partie de la ville, laquelle se trouve, d’ailleurs, reconstruite au bout de quinze jours. Les rues sont larges, uniformes, et elles ont un aspect triste à cause de la couleur grise du bois vieillissant aux intempéries. L’aspect de la ville n’est pas gai du tout. Des tramways électriques parcourent les principales rues, en même temps que les djinrikisha ou voitures à hommes circulent dans toutes les directions.
Les parties intéressantes de la ville sont : les parcs de Shiba où sont enterrés deux Shôgun ; les temples et les jardins qui précèdent et entourent la tombe sont de toute beauté ; au milieu du parc se trouve le koyokwan ou cercle de l’Érable, sorte de club japonais fort élégant, qui donne une idée très nette de la jolie maison nippone ; les parcs d’Uyeno, autre lieu de repos de Shôgun, à côté du lac de Shinobadzu ; la colline d’Atago yama d’où l’on domine toute la ville ; les fossés et les portes de garde de l’ancien château d’Yedo, aujourd’hui encore existant et entourant le palais impérial ; le grand temple d’Asakusa ; la digue de Mukojima. Les quartiers, qui ne sont pas trop européanisés, sont assez pittoresques et amusants.
Les environs de Tokiô sont très recherchés aux jours fériés et aujourd’hui surtout, avec les facilités accordées par les chemins de fer, la population émigre facilement autour de la ville toutes les fois qu’un saint bouddhiste doit être fêté.
Kiôto, l’ancienne capitale (Miyako) des Mikado, la ville sainte du Japon, est située dans la province de Yamashiro, à environ cent trente-deux lieues de Tokio, dans la direction du Sud-Ouest ; et elle n’est éloignée d’Osaka et de Kobé que de trois heures de chemin de fer. La ville est divisée en deux parties : Kami Kio Ku, ou ville haute, et Shimo Kio Ku ou ville basse.
C’est en 784 que la dynastie impériale fixa définitivement sa capitale à Kioto et ce n’est qu’en 1868, lors de la suppression du Shôgunat, que le trône impérial fut transféré à Tokio. Aujourd’hui la ville de Kioto est déchue et elle n’a plus guère d’animation ; elle est un peu considérée comme la capitale religieuse du Japon et certes le voyageur peut y passer facilement un mois à étudier l’architecture bouddhique sous toutes ses formes. Les principales excursions sont : le palais des empereurs ; Higashi Hongwan ji ; Nishi Hon gwan ji ; Chi on In ; Kiomidzu dera ; San ju san guen dô ; Honkoku ji ; la colline de Hieizan ; le lac Biwa ; les rapides d’Arashiyama ou plutôt du Katsuragawa.
Kioto fabrique les broderies, la porcelaine et le bronze.