Quant à M. Jadin, professeur à l’École de Pharmacie de Montpellier, homme aimable et distingué, unissant à ses dons d’agréable conférencier une érudition complète sur la question du féminisme, après avoir louangé dans un discours d’ouverture des Facultés la femme savante et doctoresse, ne put s’empêcher de nous dire:

«Loin de moi d’exalter la femme intellectuelle aux dépens de la femme d’intérieur. Plus que tout autre, peut-être, je considère que les rôles sacrés d’épouse et de mère auxquels sa nature la destine suffisent à remplir glorieusement une carrière, que les qualités mêmes de nos compagnes, leur grâce, leur joliesse, leur délicatesse, leur sensibilité, les consacrent gardiennes d’ornements du foyer domestique!»[78].

Nous excusons volontiers M. Jadin, féministe convaincu, de son hymne en l’honneur de la femme sensée et raisonnable. Cela ne nous surprend pas outre mesure. Les hommes d’esprit savent toujours reconnaître leur erreur, et M. Jadin est un de ceux-là!

Quant à nous, si ces Dames trouvaient ridicule notre aversion contre leurs réclamations et leurs revendications, nous répondrions tout simplement: Il faut toujours avoir le courage de ses opinions... et de ses ridicules!

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Voici maintenant l’opinion de quelques personnalités sur le suffrage des femmes:

De la Revue Socialiste, 1906:

Je suis convaincu qu’il en résulterait non seulement pour la femme une libération rapide des lois et des usages qui économiquement et civilement l’infériorisent à l’homme, mais aussi pour tout le prolétariat une prompte croissance de force et de liberté morale et sociale. Ce serait un pas de plus dans la voie du progrès démocratique et humain!

Edouard Vaillant, député.

C’est incontestablement le seul moyen pour que le suffrage mérite d’être appelé universel! C’est aussi celui d’être d’accord avec la justice et le bon sens, car il est aussi injuste de refuser à la femme, parce que femme, tout ce qu’on accorde à l’homme. De là des mésintelligences fort explicables!