Je ne saurais vous cacher que je suis résolument opposé au vote des femmes. Je craindrais qu’elles ne se jetassent dans les luttes politiques avec une ardeur qui augmenterait encore les divisions de la France, et nous sommes assez divisés comme cela.

Comte d’Haussonville, de l’Académie Française.

Je veux bien que les femmes votent et je crois qu’elles voteront dès qu’elles s’aviseront de le désirer; mais je n’y vois pas d’utilité générale, puisqu’elles n’ont indiqué jusqu’ici aucune vue politique propre. Faut-il être franc? Dans la minute présente, les femmes qui veulent voter me semblent des agitées. Leur véritable activité se satisfait de cent autres manières. Cependant si elles tiennent à voter, si elles se croient humiliées de n’être pas électrices, il n’y a pas d’objection sérieuse à leur opposer et quand elles auront conquis leur bulletin de vote, elles l’auront mérité tout aussi bien que les hommes.

Maurice Barrès, de l’Académie Française.

Ce sont de bien grosses questions et c’est seulement par des points d’interrogation que je me permettrai d’y répondre!

Est-il logique, est-il juste qu’une femme devenue chef de famille par le fait de son veuvage ne soit jamais appelée à dire un mot quelconque dans les grands débats qui intéressent la destinée de sa propre famille, aussi bien que la destinée des familles voisines, politiquement représentées par le vote du père?

Est-il logique, est-il juste que les travailleuses organisées en syndicat n’aient aucun moyen direct d’assurer la répercussion de leur volonté dans les assemblées politiques et que l’émancipation économique ainsi assurée à la femme n’ait aucune sanction dans le domaine politique?

Lucie-Félix-Faure-Goyan.

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Du Gil-Blas: