Il se roidit dans ses liens comme pour les casser, mais s'arrêta soudain.

Un grondement étrange et sourd courait sous ses pieds.

Était-il causé par la foule? Et pourquoi?

La multitude s'était tue, et l'on n'entendait plus aucun bruit de voix.

C'était comme un frémissement de la terre et, qui parti de loin se rapprochait rapidement.

Ce fut bientôt comme le grondement du tonnerre, et l'on entendit les rochers des montagnes voisines, rugueuses arêtes du globe, frémir et s'entrechoquer sur leurs bases.

Dans la forêt les arbres secoués sur leurs racines haletaient et craquaient.

Brusquement remués par cette puissante commotion, les fagots du brasier se mirent à rouler de toutes parts au bas du tertre. Le feu diminua d'intensité, et Mornac en ressentit aussitôt un grand soulagement.

Sans être terrifiée par cette effroyable convulsion de la nature et semblant, au contraire, en retirer une inspiration subite, Jeanne de Richecourt profita du mouvement rétrograde de la foule pour s'élancer vers le bûcher.

Chancelant sur le sol qui vacillait, et sans craindre le feu du brasier, elle s'élança, bondit et vint tomber tout à côté de Mornac dans l'espace libre laissé entre lui et le feu.