L'une des parois qui formait, en rejoignant l'autre, la voûte de la caverne venait de se fendre en deux et un gros quartier de granit s'en détachait bruyamment et s'affaissait vers le sol, à mi-chemin entre Jolliet et la sortie de la grotte.

—Si j'allais rester enseveli vivant au fond de la caverne! pensa-t-il, mort affreuse et inutile pour celle que j'aime!

Il bondit sous le rocher qui glissait et se retourna à l'entrée de la grotte en regardant derrière lui.

L'énorme pierre s'arrêta dans sa chute et resta suspendue à quatre pieds au dessus du sol, formant une arche sous laquelle on pouvait encore passer pour aller au fond de la caverne.

Au-dessus, la voûte s'était refermée et si les dernières commotions du sol n'en avaient encore détaché de petits fragments de pierre et des poignées de terre qui ruisselaient jusqu'à ses pieds, Jolliet aurait pu croire qu'il venait d'avoir un terrible cauchemar.

Le tremblement de la terre diminuait, et le fracas s'éloignait aussi.

Ce ne fut bientôt plus qu'un bruissement lointain comme celui du vent qui s'enfuit sur la cime des arbres. Et, plus rien que le silence, mais un silence d'autant plus étrange que le bruit qui l'avait précédé avait été colossal.

Jolliet mit la tête hors de la caverne.

Un calme indicible pesait sur la nature entière qui après cet immense effort paraissait fatiguée, épuisée, évanouie, morte comme ses morts qui dormaient tout auprès sur leurs sarcophages aériens.

Longtemps Jolliet, énervé lui-même demeura immobile en promenant des regards vagues sur la plaine sombre.