—Le festin est commencé, dit-il, le village est plus paisible.
—Dépêchons-nous alors, repartit Joncas; la nuit est assez faite pour que nous nous approchions de la bourgade. Glissez-vous au fond de la caverne avec M. Jolliet. Vous recevrez les ballots à mesure que je vais vous les passer.
Jolliet et le Huron se traînèrent sur les genoux et les mains, sous la pierre menaçante et Joncas se mit à leur pousser les marchandises qu'il s'était procurées à Agnier. Ses deux compagnons les tiraient de leur côté pour les placer ensuite au fond de la grotte.
Il ne restait plus qu'un gros paquet de fourrures. Joncas que se hâtait et ne voulait point perdre de temps à le défaire crut que ce dernier pourrait passer comme les autres. Il l'introduisit sous la pierre. Le ballot n'y pouvait entrer qu'avec effort.
Joncas s'arc-bouta sur le sol et poussa fortement. Jolliet et le
Renard-Noir tiraient aussi vers eux.
Le ballot passa, mais non sans arracher une couche de terre et de cailloux d'une des parois de la grotte, immédiatement au-dessous de la pierre.
—Hein! fit Joncas, en se traîna à son tour sous l'arche sombre pour rejoindre ses amis, cela a passé tout juste.
Son corps se trouvait dans la partie intérieure de la grotte; mais par malheur, en passant, il accrocha du bout de son pied une pierre qui, seule, retenait faiblement le rocher suspendu.
Un craquement sourd retentit. Joncas bondit vers le fond de la grotte, tandis que l'énorme roche s'affaissait avec fracas sur le sol en bouchant tout à fait l'entrée de la caverne.
Trois cris d'angoisse qui n'en firent qu'un seul éclatèrent dans le souterrain sourd.