Au même instant Mornac s'élançait à son tour dans le ouigouam.

A l'apparition subite de ce nouvel ennemi, Griffe-d'Ours lâcha la jeune fille, ressaisit son tomohâk qu'il avait laissé tomber, et courut au devant du chevalier.

Tous deux, l'arme haute, s'arrêtèrent à trois pas de distance.

Ils se brûlaient du regard.

—Chiens de faces pâles! vous voulez donc tous mourir par ma main ce soir! gronda Griffe-d'Ours.

Son terrible casse-tête se leva, tournoya de nouveau pour tuer.

Mornac fit un écart, évita le coup, lança sa hache d'armes de toutes ses forces sur la poitrine nue du sauvage.

Celui-ci avait aussi deviné l'attaque et diminua l'intensité du choc en se détournant un peu.

Néanmoins le sauvage chancela, car la massue de Mornac lui avait déchiré, broyé fort avant les chairs de la poitrine.

Le chevalier tira son long couteau de chasse et s'avança pour en percer son ennemi qui le prévint en lui saisissant le bras d'une main et la gorge de l'autre.