—Mille tonnerres! dit-il, tout cela va tourner, en fin de compte, à notre avantage. Et ainsi renfermé dans la caverne, jamais on ne pourra nous y trouver. Mais partons, nous sommes bien en retard!
—Arrête! dit le Huron. Il faut faire disparaître les traces de notre passage par ici.
Il rejeta à l'intérieur quelques parcelles de pierre et de terre qu'ils avaient déplacées en soulevant la trappe. Ensuite il descendit jusqu'au pied du rocher, à l'entrée naturelle de la grotte.
Il en écarta les broussailles de la caverne, alluma une esquille de bois et se mit à effacer jusqu'à la moindre trace de leur séjour en cet endroit.
Au bout d'un quart-d'heure, il grimpa sur le faîte du rocher et rejoignit ses compagnons qui l'attendaient assis sur le bord de la trappe béante.
Le Sauvage descendit dans la grotte, s'assura que les ballots de pelleteries étaient bien placés au bas de l'ouverture, afin que ses amis et lui pussent au besoin se précipiter tête baissée dans le souterrain, s'ils étaient suivis de trop près.
Toutes ces précautions prises, il remonta près de Joncas de de Jolliet et tous trois commencèrent à se glisser sans bruit vers le village.
La célébration du festin et l'heure avancée leur permirent de pénétrer sans être aperçus dans la bourgade.
Quand ils arrivèrent dans le ouigouam de Mornac, celui-ci venait de le quitter depuis quelques minutes à peine.
Ne l'y trouvant point, ils se dirigèrent guidés par le Renard-Noir, qui en connaissait la situation, vers le ouigouam de la Perdrix-Blanche.