On n'attendait que le retour des guerriers pour donner la sépulture aux cinq malheureux que le Renard-Noir avait massacrés. Aussi une heure après son arrivée, Griffe-d'Ours et ses gens de guerre escortaient-ils leurs compagnons morts jusqu'au cimetière aérien qui avoisinait la grotte.

La cérémonie des funérailles terminée, Griffe-d'Ours qui pensait toujours aux prisonniers envolés et surtout à sa belle captive, eut une inspiration subite en promenant ses regards autour de lui.

—Puisque nous n'avons pu les rejoindre au loin, pensa-t-il, qui sait s'ils ne sont pas restés tout près du village?

Il songea à la caverne comme un lieu propice à la retraite.

Il communiqua sa pensée à ses principaux guerriers et se dirigea vers la grotte qui n'était distante du champ des morts que d'une couple d'arpents.

Il écarta les broussailles qui masquaient l'entrée naturelle et horizontale de la caverne et regarda.

Comme il ne voyait rien remuer à l'intérieur il tira son couteau de sa gaine et pénétra résolument dans la grotte, suivi de près par ses compagnons.

Quoiqu'il fut rarement venu dans la caverne il la connaissait assez pour être surpris de se voir arrêté au milieu par cette barrière infranchissable du roc nouvellement tombé de la voûte.

Il cria à ceux qui étaient restés dehors de lui apporter une torche.
L'un d'eux grimpa dur le rocher pour dépouiller un petit cèdre de son
écorce afin de faire un flambeau que l'on passa bientôt tout allumé à
Griffe-d'Ours.

Le chef examina fort attentivement l'épaisse muraille de pierre qui bouchait complètement la grotte.