Les autres revinrent et se jetèrent sur le chef iroquois.
Le Renard-Noir riait d'un rire muet.
On maintint Griffe-d'ours à terre, et, en quatre coups de hache on lui coupa les pieds et les mains, et on le rejeta dans les flammes.
Anéanti un instant par l'ébranlement nerveux que lui avait causé cette quadruple amputation, l'Iroquois resta sans bouger au milieu de brasier.
Mais tout à coup, ô horreur! on vit ce corps mutilé déchiré, brûlé, s'agiter encore, se rouler sur lui-même et se soulever à demi sur ces tisons ardents; et là, montrant à nu son crâne sanglant, son corps incrusté de cendres chaudes et de charbons ardents qui sifflaient au contact des flots de sang que l'on voyait ruisseler sur tout son être, se traîner dans les flammes et cracher une dernière insulte sur ses bourreaux interdits.
C'était épouvantable.[52]
[Note 52: Cette scène paraît invraisemblable et, pourtant, elle n'est que la reproduction d'un épisode analogue raconté par le Père Jérôme Lalemant.]
Un coup de feu partit du fort. Une balle siffla au milieu des Sauvages et s'en alla fracasser la tête de Griffe-d'Ours qui, cette fois, retomba sans vie.
Surexcité par cette scène affreusement émouvante, le Renard-Noir s'était levé debout.
Quand le projectile fit éclater la tête du chef iroquois, le Huron s'écria d'une vois tonnante: