--C'est qu'on n'a pas pu le retrouver. Il a dû s'enfuir ou s'envoler sur les ailes de Satan!

--Palsambleu! il nous faut en finir avec cet homme! s'écria François.

--Ecoutez, Bienville, dit le comte. Si l'amiral continue à nous faire aussi peu de dommage avec son artillerie que la nôtre lui a déjà causé d'avaries, il cessera dès demain le bombardement pour se retirer avec ses vaisseaux. Le service de votre batterie devenant inutile, vous pourrez aisément vous joindre à ceux que j'enverrai tenir en échec l'ennemi campé à la Canardière. Alors, si vous rencontrez votre Anglais dans la mêlée....

--Ah! pour le coup, nous verrons jusqu'où peut aller la chance diabolique qui semble le protéger!

--Pierre, dit le comte.

--Monseigneur?

Bras-de-Fer se redressa.

--Va dire au lieutenant de ma compagnie des gardes, qui m'attend à la porte avec ses carabins, de venir avec eux pour emmener Boisdon. L'hôtelier logera dans la prison du château, jusqu'à ce que sa blessure lui permette de subir son procès.

Pierre obéit, et M. de Frontenac se tournant vers les deux jeunes gens:

--Maintenant, messieurs, vous allez venir tous deux coucher au château, ainsi que Mlle d'Orsy, qui voudra bien y rester jusqu'à la levée du siège. Des voisines se chargeront d'ensevelir la vieille Marthe en votre absence. Allons.