Puis viennent M. d'Ailleboust de Musseau, et son digne frère, le sieur d'Ailleboust de Mantet, qui s'est illustré à la prise de Corlar.

Enfin le sieur d'Hertel qui, à la tête de cinquante-deux Canadiens et sauvages, a pris Salmon-Falls, dans l'hiver de 1690, après avoir défait les deux cents hommes qui défendaient ce poste. Et, comme noblesse oblige, on le voit encore, durant le siège de cette même année, cueillir de nouveaux lauriers à la tête des milices des Trois-Rivières.

Plus loin, je vois le sieur Jacques LeBer du Chêne qui assistait, aux côtés de Sainte-Hélène et de d'Iberville, à la prise de Corlar. Aussi Louis XIV lui donnera-t-il, en 1696, des lettres d'anoblissement à cause de ses nombreux services.

Ensuite vient le fils du baron de Bécancourt, M. de Portneuf, le même qui fit taire, l'hiver précédent, les huit canons défendant Casco, qui se rendit à lui. Puis encore MM. Boucher de Boucherville et de Niverville, les sieurs de Beaujeu, de Saint-Ours et M. de Montigny, qui fut blessé à l'attaque de Corlar.

Enfin, disséminés par toute la place d'armes, et excitant l'ardeur belliqueuse des soldats qu'ils commandent, ce sont les Baby de Ranville, les Aubert de Gaspé, les de Lanaudière, les Deschambault et les Chartier de Lotbinière.

Ici se croisent le chevalier de Crisasy, descendant d'une grande famille sicilienne, et M. de Martigny, cousin germain d'Iberville.

Là, le sieur de Valrennes donne des ordres à son lieutenant M. Dupuy.

Plus loin, M. de Saint-Cirque s'en va causant avec M. Boisberthelot de Beaucourt; et tous deux, en passant, saluent Augustin Le Gardeur de Courtemanche.

Mais, éblouis par cette revue qui passe radieuse devant eux, mes yeux ne voient plus, quand il leur faudrait encore compter tant de noms aussi beaux que tous ceux-là!

MM. de Longueuil, de Sainte-Hélène et de Bienville, après avoir reçu les instructions du gouverneur, venaient de rejoindre les deux cents Canadiens qu'ils allaient mener à l'attaque, lorsqu'ils virent arriver Louis d'Orsy.