--Vous ne comprenez donc pas? ajouta Bras-de-Fer. Je vous demande de l'eau chaude, afin d'y faire infuser ces herbages pour guérir M. le baron. Le poison des sauvages et moi, voyez-vous, nous nous connaissons depuis longtemps. Quand je chassais dans les pays d'en haut, j'ai vu guérir bien des gens avec ces ingrédients que je vous apporte. J'en ai fait l'épreuve sur moi-même.

--Oh! puisses-tu dire vrai! s'écria Bienville.

--Mon Dieu! c'est vous qui nous l'avez envoyé! dit Marie-Louise en levant au ciel des yeux reconnaissants.

Un sourire incrédule passa sur les lèvres du médecin, dont les idées scientifiques se trouvaient subitement heurtées par les paroles et le ton confiant de l'ignorant Pierre Martel.

--Prétendriez-vous, dit le chirurgien, guérir M. d'Orsy avec vos simples?

--Je ne voudrais pas en répondre, répliqua Bras-de-Fer, mais j'ai bonne espérance.

--Et vous croyez pouvoir réussir dans un cas où la science est impuissante!

--Le bon Dieu est tout-puissant, lui, monsieur le docteur; et bien souvent il se sert d'un homme ignorant et simple comme moi pour faire un miracle.

Déjà Marie-Louise mettait à la disposition de Pierre Martel un vase rempli d'eau bouillante.

--Je n'ai plus rien à faire ici du moment qu'on m'y oppose un charlatan! repartit le chirurgien, qui prit son chapeau.