Trois fois Lisette jeta le peloton de laine, qui trois fois manqua le but. En vain le bras de Tranquille était à moitié sorti par l'ouverture de la fenêtre. Il ne saisit rien. Heureusement que Lisette avait eu la bonne idée de retenir dans sa main gauche l'autre bout de la corde, celui qui était noué autour des limes. Elle pouvait ainsi, sans quitter sa position, ramener à soi le peloton de laine, lorsqu'il était retombé. Déjà Tranquille commençait à s'impatienter et lisette l'entendait mâchonner un juron entre ses dents, lorsque la corde, mieux lancée, s'en alla tomber dans la main du captif qui la saisit et se mit à la tirer doucement à lui.

Pour éviter le bruit que les limes pouvaient rendre en frôlant la muraille, Lisette étendit le bras et laissa glisser la corde entre ses doigts.

—Merci, lui dit bientôt Tranquille.

—Tu les as?

—Oui.

—A présent, écoute, Célestin. M. Cognard veut marier sa fille, malgré elle, à ce capitaine anglais que tu connais.

—Oui, un peu! gronda Tranquille qui, s'oubliant, éleva la voix plus haut que la prudence ne l'aurait voulu.

—Chut! fit Lisette, voici le soldat qui revient…

Ils restèrent silencieux durant quelques secondes, et voyant qu'on ne les avait pas entendus, Lisette continua de sa voix la plus faible:

—Le capitaine a dit à ma maîtresse que si elle refusait d'être sa femme, tu serais pendu, et que si elle acceptait il te ferait mettre en liberté.