—Bon. On l'enferme avec les autres. Mais ne voilà-t-il pas que notre homme, qui s'ennuie d'être comme ça sous le verrous, s'avise de décamper. Une bonne nuit, on le surprend comme il forçait la porte avec ses compagnons que voulaient prendre l'air avec lui. On l'empoigne, on le fourre au cachot, et l'on dit qu'il va être pendu comme traître.

Evrard pénétré de douleur, en apprenant à quel sort funeste était destiné ce fidèle serviteur qui ne s'était perdu que par trop de dévouement pour son maître, Evrard avait peine à retenir ses larmes et ne pouvait dire un mot. L'autre—un de ces heureux porteurs de mauvaises nouvelles et qui en ont toujours plutôt deux qu'une à vous annoncer—continua sans remarquer l'impression pénible que ces paroles causaient à son interlocuteur:

—Une autre nouvelle, et qui vous regarde aussi, Monsieur Evrard, c'est celle du mariage de mademoiselle Cognard que vous avez connue dans le temps.

—Hein! mademoiselle Cognard est mariée, dis-tu! s'écria Marc en sortant de sa stupeur comme un homme qu'on éveillerait à coups de pieds.

—Si elle ne l'est pas encore, c'est tout comme, poursuivit tranquillement Côté, puisqu'elle le sera dans quinze jours.

—Mais, bon Dieu, que me dis-tu là! Et avec qui se marie-t-elle?

—Avec un officier anglais.

—Un officier… anglais! s'écrie Marc avec égarement.

—Oui, rien que cela. Un nommé Nevil… Ervil… je ne sais plus trop, moi.

—Evil… James Evil, balbutia Evrard, qui n'avait plus une goutte de sang au visage.