—A la bonne heure! dit froidement Georges; le silence est rompu… Il n'y a pas de calomnie, ma chère petite Agnès, Tullie et toi, vous êtes placées hors de la loi commune. On vous tolère, on ne vous protège pas. La police a le droit de vous traiter comme bon lui semble, surtout lorsque vous profitez de sa tolérance pour conspirer ici avec des jacobins, des chouans et des septembriseurs.

—Vous mentez! s'écria Lucrèce! vous mentez comme un démon de luxure et de fausseté que vous êtes!

—Ne nous fâchons pas, ma toute belle,—dit Georges avec un ton d'une douceur effrayante,—nous allons nous expliquer à l'amiable; cela vaut mieux.

Et il tira de sa poche une liasse de manuscrits, en poursuivant ainsi:—Connais-tu cette écriture?… Bon! la pâleur qui te couvre le visage me répond: Oui. Tu la connais… nous venons de faire une petite perquisition au domicile de Maurice Dessains et de son ami Genest, et voilà ce que nous avons trouvé: Une bonne correspondance avec les Jacobins les plus compromis. Rien que cela. Il y a de quoi faire tomber trente têtes sur l'échafaud. Veux-tu lire un de ces papiers?… tiens, prends au hasard. Ce sera le dernier billet doux de ton bien-aimé Maurice.

Une sueur froide couvrait le visage de la jeune femme, Georges continua:

—Et, maintenant, tu vas voir si je suis le démon que tu dis… Voilà trente pièces oui conduisent demain ton Maurice à la guillotine. Si je les jette dans ce feu, il n'y a plus de charges criminelles contre lui; la tête de Maurice est dans tes mains: tu peux la sauver ou la perdre. Choisis.

Georges Flamant tenait les papiers suspendus sur la braise et regardait
Lucrèce avec des yeux de tigre amoureux.

A la rue Mesnars.

(SUITE.)

VIII.