—Oui, répondit le portier, toujours persuadé qu'on n'est jamais compromis par un monosyllabe.

—Au rez-de-chaussée?

—Oui.

Le nouveau venu se précipita vers la porte indiquée, l'ouvrit comme s'il l'eût enfoncée, et s'arrêta un instant sur le seuil, comme s'il eût été ébloui par le luxe merveilleux du salon où il entrait.

—Il n'y a personne ici? cria-t-il en avançant de deux pas.

À cette interrogation, qui aurait réveillé les morts comme une trompette de Josaphat, l'agent de police, endormi devant la cheminée, se leva nonchalamment et frotta ses yeux qui refusaient de s'ouvrir.

—Je suis Sidore Brémond, natif de La Seyne, dit le marin, et je viens ici chercher mon fils qui a changé de nom, comme tout le monde, et qui s'appelle Maurice Dessains.

Jean Bon-OEil regarda le marin avec un sourire de faune railleur, et s'assit en couvrant ses jambes longues et grêles des vastes draperies de sa redingote chamois.

Sidore Brémond poursuivit:

—J'ai attendu la réponse du citoyen préfet jusqu'à présent, à l'hôtel de l'Ancre-d'Or, et voici le billet que je reçois…….. «Votre fils, sous le nom de Maurice Dessains, est en ce moment chez la citoyenne Lucrèce Dorio, rue Mesnars, 1. S'il en est temps encore, faites-le sortir tout de suite et quittez Paris avec lui cette nuit même…»