Le vieux portier de la maison n°1, rue Mesnars, avait fait une bonne action; depuis plusieurs jours, il donnait l'hospitalité à un de ses collègues chassé de sa loge pour cause de démolition d'hôtel, au carrefour Saint-Nicaise.
Du moins ce collègue, en demandant un asile au vestibule d'une maison opulente, avait expliqué ainsi l'origine de ses infortunes de portier.
Ce jour-là, le pauvre expulsé venait de s'asseoir auprès du poêle de faïence, et réchauffait en même temps ses pieds et ses mains, pendant que son regard, animé d'un sourire de gratitude, se tournait vers le maître de la loge, et lui transmettait toute l'éloquence du cœur.
—Ah! nous avons un rude hiver cette année,
Dit le vieux portier en ouvrant le poêle et en faisant à son collègue la politesse d'une nouvelle bûche.
On n'a pas vu tant de neige et de verglas depuis l'hiver de 89.
—Quel hiver, celui de 89!
Dit le collègue en frissonnant de tout son corps.
Je l'avais prédit à ma pauvre femme… quand je vis la fontaine de la rue de l'Arbre-Sec toute gelée, le 2 février, le jour de la Chandeleur, je dis: Ce sera un fameux hiver! et je ne me trompais pas.
—Citoyen… pardon, j'ai encore oublié votre nom…