[210] Recueil des Historiens de France, t. VII, p. 107.
[211] Voy. surtout Liutprand, dans Muratori, rerum italicarum scriptores, t. II, p. 425; la chronique de l’abbaye de Novalèse, ibid., t. II, part. II, p. 730; et le recueil de dom Bouquet, t. IX, p. 48. La plupart des écrivains italiens modernes ont placé le lieu où s’établirent les Sarrazins, dans le comté de Nice, auprès de Ville-Franche, à l’endroit où fut bâti plus tard le château de Saint-Hospice. Voy. à ce sujet une longue discussion dans le grand recueil de Muratori, t. X, p. CIII, CV et suiv. Mais d’une part la suite des événemens, de l’autre l’état des lieux, nous paraissent lever toute incertitude à cet égard. Voy. au reste les observations de Bouche, Histoire de Provence, t. I, p. 170 et 772.
[212] Aujourd’hui il n’existe plus de frênes dans la contrée; mais M. Germond, actuellement notaire à Saint-Tropès, et qui a fait une étude particulière des localités, pense qu’anciennement il y avait un bois de frênes au fond du golfe sur les bords de la mer; que là se trouvait un village romain appelé Fraxinetum, et que les Sarrazins, après avoir ruiné ce village, ayant choisi sur les hauteurs un lieu pour en faire leur château-fort, lui donnèrent le nom de Fraxinet. A l’égard de la place qu’occupait ce château-fort, M. Germond croit que le lieu où d’après l’opinion commune nous l’avons mis n’était qu’une espèce d’avant-poste d’où l’on avait vue sur les plaines de la Basse-Provence; en effet le plateau n’a qu’environ trois cents pas de tour et il pouvait contenir à peine une centaine d’hommes; que le véritable château-fort était à une demi-lieue plus près de la mer, sur la montagne appelée aujourd’hui Notre Dame de Miremar, où l’on aperçoit encore des vestiges de larges fossés.
Bouche fait remarquer qu’il a dû exister plusieurs lieux appelés Frassinet ou Frainet, disant que sans doute les Sarrazins, à mesure qu’ils élevèrent quelque nouveau château-fort, soit en Dauphiné, soit en Savoie, soit en Piémont, lui donnaient le nom de leur principal boulevart. Cette opinion de Bouche nous semble fort juste; en effet, il existe encore dans les contrées que nous venons de citer plusieurs endroits ainsi dénommés.
[213] Voy. Liutprand à l’endroit indiqué. On lit dans l’Alcoran, sour. VIII, vers. 66: «Si vous êtes vingt hommes décidés à vaincre, vous vaincrez deux cents infidèles, et si vous êtes cent, vous en vaincrez mille.»
[214] Une étiquette trouvée en 1279, dans le tombeau de sainte Magdeleine, à Vézelay, en Bourgogne, portait que le corps de la sainte avait été transféré en ce lieu de la ville d’Aix, en Provence, par la crainte des Sarrazins, sous le règne d’Odoin. Voy. à ce sujet l’Histoire de Hainaut, par Jacques de Guyse, t. VIII, p. 203 et suiv., et Bouche, Histoire de Provence, t. I, p. 703. Les auteurs de l’Art de vérifier les Dates avaient placé cette translation sous Eudes, duc d’Aquitaine, vers l’an 730; mais l’abbaye de Vézelay ne fut fondée que vers l’an 867. Voy. le Gallia Christiana, t. IV, p. 466. Ainsi sur l’étiquette il ne peut être question que de Eudes, comte de Paris, lequel, vers l’an 897, prit le titre de roi de France.
[215] Il existe au sujet de ce siége un poème latin contemporain, par Abbon, publié en latin et en français avec des notes, par M. Taranne, Paris, 1834, in-8o. Mais tel était l’isolement où se trouvaient les diverses parties de la France, que dans tout le poème les Sarrazins ne sont pas nommés une seule fois.
[216] Voy. la chronique de l’abbaye de Novalèse, dans Muratori, Rerum italicarum scriptores, t. II, part. II, p. 730. Le chroniqueur, p. 743, cite entre autres chapelles de l’église de l’abbaye qui furent alors détruites, celle de saint Heldrad, ancien abbé du monastère et qui vivait au commencement du neuvième siècle. L’église célèbre la fête de saint Heldrad le 13 mars. Les auteurs du recueil des Bollandistes ont cru que ce saint était né aux environs de Nice; mais la ville de Lambesc, aux environs d’Aix, en Provence, réclame l’avantage de lui avoir donné le jour.
[217] Ou plutôt de Peuple de Martyrs, Plebs Martyrum. Voy. le recueil des chartes de l’abbaye d’Oulx, publié par Rivantella, sous le titre de Ulciensis ecclesiæ chartarium, Turin, 1753, in-fo, p. X et suiv., et p. 151.
[218] Pingonius, Augusta Taurinorum, p. 25 et suiv.