Un des officiers, qui était parti tout à l'heure sur un signe de l'Impératrice, arrive en hâte.

L'OFFICIER

Les cavaliers sont rentrés.... On les a vus, les deux fuyards, l'homme et son complice; ils avaient des chevaux qui dévoraient l'espace.... Un de ces navires rapides, comme en ont les barbares d'Occident, attendait au bord du fleuve; il les emporte à cette heure, avec la vitesse de la foudre. Toute poursuite serait vaine.

L'IMPÉRATRICE

Je m'y attendais.... Lui, se laisser reprendre comme un fuyard vulgaire!... Non! Je savais qu'il emporterait avec lui le mystère qu'il lui a plu de garder.

PRINCE-FIDÈLE, à l'Impératrice.

Majesté, l'heure est venue, l'heure presse....

L'IMPÉRATRICE

Oui, je suis prête.... Rien qu'un instant, une suprême minute encore. (Elle conduit le petit Empereur jusqu'au trône, où elle le fait asseoir.) Laissez-moi rendre au Fils du Ciel l'hommage qui lui est dû. (Elle s'agenouille.) Que votre vie soit heureuse et longue! Votre règne paisible et prospère. (Elle s'incline trois fois.) Que votre dynastie dure éternellement.

Les hommes et les femmes se sont prosternés.