PRINCE-FIDÈLE
En résistant à l'iniquité.... Vous souvenez-vous?... Une autre guerre, toute pareille à celle-ci, le sac d'une ville, l'ordre au bourreau de faucher toutes les têtes comme à présent; alors, un jeune chef, fou de douleur à l'idée d'un pareil carnage, trouve de tels accents pour supplier le général de faire grâce, ou tout au moins de restreindre les exécutions, que celui-ci consent à limiter la tuerie au temps que pourra mettre à se consumer une baguette de parfum. Le parfum s'allume, la première tête va tomber; mais le jeune chef, frémissant d'horreur, saisit la baguette, la réduit en poussière, et court au bourreau en criant: «C'est fini! c'est fini! on fait grâce!» Puis, comme il a désobéi, il va se briser la tête contre un rocher.... A ce héros, le peuple éleva un temple, qui se dresse aujourd'hui encore sur une haute colline et dont les marches, depuis des siècles, n'ont cessé d'être jonchées de fleurs fraîches.
LE GÉNÉRAL TARTARE, rêveur.
A ce héros, le peuple éleva un temple!...
SCÈNE III
LES MÊMES, LA FOULE, puis UN OFFICIER.
Depuis quelques instants, la foule, plus turbulente, commence à murmurer contre le carnage. Devant une nouvelle troupe de condamnés que l'on amène, des cris éclatent.
LA FOULE
Oh! oh! assez! assez!