Aussi longtemps que coulera,
Belle rivière, ton eau vive.
En Chine, le cormoran est l'auxiliaire précieux du pêcheur. Doué d'un œil perçant, il distingue facilement le poisson, même à une grande profondeur; excellent nageur, il plonge et poursuit sa proie avec rapidité et, fidèlement, dans une de ses pattes, il la rapporte à son maître. Pour le préserver des tentations de gourmandise, on lui passe au cou un anneau qui ne lui permet d'avaler que les plus petits poissons.
Le cormoran est admirablement dressé, et remplit son emploi avec intelligence et dextérité; avec persévérance aussi; car, s'il revient la patte vide, des coups de gaffe le renvoient au fond de l'eau! On en voit qui, ayant capturé un poisson trop gros, se font aider par un camarade pour l'apporter jusqu'au bateau. La pêche jugée suffisante, le maître allège le cormoran de son collier et lui permet de travailler pour son propre compte. C'est sa récompense.
CHAPITRE XI
LES CÉRÉMONIES
Les Chinois n'ont pas de dimanches, ils ne connaissent pas les jours de chômage. Mais ils ont institué un certain nombre de fêtes annuelles.
Celle du premier jour de l'an est la plus importante; on la célèbre dans tout l'empire par plusieurs jours de repos et de réjouissances; on échange des visites, des souhaits, des présents. Dés le matin, une foule nombreuse emplit les rues, les jeunes garçons prennent d'assaut les boutiques des marchands de friandises; on accroche des banderoles, on tire des pétards et le soir, tout est illuminé.
Quand ils sont loin de leur pays, les Chinois ne manquent jamais de fêter, à sa date, le commencement de l'année chinoise. Dans toutes les ambassades ou légations, les fils du Céleste Empire se réunissent, et fêtent ensemble la patrie absente.
Voici le compte-rendu d'une de ces cérémonies qui eût lieu, il y a quelques années, à Paris: