La grande prêtresse était merveilleusement belle. Elle s'entourait de nuages en fumant une petite pipe d'argent et cependant elle éblouissait. Jade Pur, comme transportée, hors d'elle-même, chanta de toute son âme et il lui sembla qu'elle montait au ciel.
La jonque vient d'aborder sur la rive de Chine. Cèdre d'Or serre sur son cœur la jeune fille qui l'a sauvé en lui rendant la relique.
—Que j'ai hâte d'être revenu auprès de toi et que tu deviennes ma femme chérie, dit-il.
Puis il s'arrache d'elle en pleurant et enfourche un cheval fringant, qui se cabre et part au galop.
Jade Pur, heureuse et fière, se met en route à son tour, mais dans une autre direction.
Ceux qu'elle a vaincus lui en veulent encore, car un orage furieux la poursuit. Loui-Kouin, le valet du tonnerre, tape à tour de bras sur son cercle de gongs et lance vingt fois la foudre; mais il n'atteint pas la jeune fille, qui revoit enfin le petit étang bordé d'iris et de nénufars, couleur d'or au soleil levant, et où vient boire un oiseau.
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE, PAR JEAN AICARD
I. ANTIQUITÉ DE LA CHINE
II. LE LANGAGE ET L'ÉCRITURE