En somme, cette démarche peut-être singulière, cette invasion imprévue, est plutôt charmante et cordiale.
C'est la conclusion que proclame Villiers. Il n'a plus du tout honte de s'être assis sur le piano en laissant pendre ses pieds; il regrette seulement de ne pas avoir eu, ce soir, sa croix de Malte dans sa poche, pour l'épingler sur son veston.
[XLIII]
On a bien voulu nous montrer la maquette du théâtre Semper que Wagner nous avait «enjoint» d'aller voir et que, d'ordinaire, on préfère tenir caché.
Une sorte de sous-sol, dans la Résidence royale, sert d'oubliette à cette très jolie réduction d'un théâtre, une réduction en plâtre, posée sur une grande table en bois blanc. Très intéressés, nous tournons autour du petit édifice, dont le plan est si rationnel et si bien adapté à son objet, et cela nous attriste de penser combien Wagner a été amèrement déçu d'être contraint de renoncer à son cher dessein, de ne pouvoir faire construire le théâtre modèle....
Qui nous eût dit que, sept ans plus tard, grâce à «la foi sans défaillance» du royal ami, nous le verrions se dresser, triomphal, sur la colline de Bayreuth?...
[XLIV]
Richard Wagner avait été longtemps, à Munich, le voisin du comte Friedrich de Schack et s'était lié d'amitié avec lui: j'étais chargée de recommander à Richter de ne pas oublier d'inviter le comte à la répétition générale de l'Or du Rhin, et j'avais promis, aussi, d'aller visiter sa fameuse collection de peinture.