Je revis l'aristocratique demoiselle, plus mince et plus pâle, plus droite que jamais, et qui semblait se retrouver dans son vrai cadre, sous ces hauts plafonds, devant ces boiseries claires et enrubannées de sculptures. Ses longues mains, voilées de mitaines, faisaient toujours du filet, et la levrette Flox, fragile et gracieuse, continuait à ne pas vouloir poser ses pattes sur le parquet.

Je me serais vite reprise à cette vie libre et aux courses au grand air; mais mon père vint me chercher, après une semaine; il ne voulait plus me laisser longtemps éloignée de la maison; peut-être aussi s'était-il déjà accoutumé à moi, et il trouvait que je lui manquais.


LXVIII

Une fois, passant en voiture dans un quartier de Paris que je ne connaissais pas, je me dressai tout à coup, debout, agitant les bras, criant de toutes mes forces au cocher d'arrêter.

Qu'est-ce que j'avais vu?... Qu'est-ce qui me prenait?... Etais-je malade, ou folle?...

—C'est la rue des Jeûneurs! la rue des Jeûneurs!

—Eh bien! qu'est-ce que ça nous fait, la rue des Jeûneurs? Ce n'est pas là que nous allons.

—C'est la rue de Catherine!

—La rue de Catherine?...