—Si vous voulez, monsieur l'horloger, les arranger sur place, je vais appeler des grandes personnes, pour vous tenir compagnie.
Sans doute, il s'aperçut, alors, qu'il y avait du monde en bas, car il n'insista plus.
—Je n'ai pas mes outils sur moi, dit-il, je reviendrai plus tard....
Et il déguerpit, tandis que je criais bien fort, à Florine, de fermer la porte à double tour.
Naturellement, on n'avait envoyé aucun horloger et l'on fut très stupéfait de cette bizarre aventure. Florine avait vu le monsieur s'en aller, je n'inventais donc rien et les pendules l'échappaient belle.
Ma conduite fut déclarée héroïque et digne de louanges. Grand-père m'allongea même, pour ce beau fait, une aimable pièce de dix sous, qui, dès le lendemain, naturellement, fut muée en autant de poupées à ressorts.
XXXI
Après ces étranges histoires, on jugea prudent, pour m'empêcher de vagabonder, de me mettre, pendant la journée, dans une pension de Montrouge. L'institution de Mlle Lavenue parut tout à fait convenable. Il n'y avait d'ailleurs pas de choix; Mlle Lavenue régnait seule au Grand-Montrouge.
Son établissement était situé tout à fait à l'opposé de la route de Châtillon, presque en face de l'église; et pour être bien sûr que je m'y rendais, on me faisait conduire par une bonne femme, presque centenaire, qui s'appelait Catherine et ressemblait à une vieille pomme toute ratatinée. Elle était proprette, vaillante encore, un peu en enfance et s'efforçait de gagner quelques sous en rendant de légers services; mais sa préoccupation principale était de recueillir, sur les routes, les souillures qu'y laissaient les chevaux. Elle portait toujours, à cette intention, un panier, une pelle et un petit balai. Sans doute elle trouvait là une source de profits sérieux, car rien ne la détournait de ce devoir.