On me demandait au parloir.

Cette fois c'était mon père et ma mère.

Je me tins devant eux, muette et gauche sans effusion, sans plaisir; essayant, par orgueil, de cacher ma rancune.

Mon père était en noir et, pour la première fois, je remarquai le ruban, qui mettait comme une fleur rouge à sa boutonnière. Il restait debout, le monocle à l'œil; l'air mal à l'aise et mécontent.

—Quel costume!... de qui porte-t-elle le deuil?... s'écria-t-il en me voyant.

—C'est l'uniforme, dit ma mère d'une voix boudeuse.

—On est parvenu à la rendre laide.

—Les enfants n'ont pas besoin d'être jolis.

—Tel n'est pas mon avis....

Et mon père se baissa, sur les talons, pour m'embrasser.