PÉ-MIN-TCHON, descend lentement du pavillon.—Il lit.

«... Un jour l'empereur Fou-Si se promenait sur les rives du fleuve Jaune; tout à coup il vit sortir de l'eau un dragon, portant entre ses ailes une tablette de Jade. L'empereur prit la tablette sur laquelle étaient gravés des signes mystérieux; à l'aide de ces signes il forma les huit Koua, symboles des éléments. Des huit Koua est née l'écriture, (il s'assied sur le banc et tire de sa manche le sachet brodé par Siao-Man.) Il me semble que je me souviens mal du troisième vers.

... Et rêva de lui nouer l'aile....

C'est vrai: Je remplaçais le caractère qui signifie: rêver par celui qui signifie: désirer. C'est cela, je ne le regarderai plus. (Il regarde la maison de Siao-Man.) Je crois que c'est là qu'habite la jeune fille à qui j'ai parlé cette nuit. Je veux m'en assurer; c'est pourquoi je suis venu m'asseoir sur ce banc. Personne ne peut sortir ou entrer sans être vu de moi. Je vais feindre d'étudier, cela me donnera l'air indifférent. Oh! chère étude, toi qui étais hier la préférée, tu rends encore une fois service à celui qui te dédaigne aujourd'hui. N'a-t-on pas fait glisser le châssis d'une fenêtre? Non. (Il regarde son livre.) Étudier! Il me semble que les feuillets de ce livre sont en soie violette et qu'à chaque ligne est tracé un nom que je ne puis distinguer. Cette fois, la porte a grincé; quelqu'un sort de la maison.


SCÈNE VII

PÉ-MIN-TCHON, FAN-SOU

PÉ-MIN-TCHON, à part.

C'est une suivante sans doute; sous quel prétexte l'aborder? (Il s'avance vers Fan-Sou et la salue cérémonieusement.) Jeune femme, reçois mes saluts.

FAN-SOU, à part