YU-PÉ-YA JETANT SA LYRE
Le noble Yu-Pé-Ya, le cœur
désaccordé, par la mort de son
ami, jette sa lyre[1].
«On cite toujours l'amicale générosité de Pao-So.
«Mais qui connaît la Lyre de Pé-Ya?
«Aujourd'hui, sous les dehors de l'amitié, se cachent des sentiments de démons.
«Je cherche en vain par le monde une tendresse sincère, et, cependant, mon cœur recèle le sentiment qu'elle existe.»
Il y a beaucoup de nuances entre les amis et plusieurs sortes d'amitiés: on nomme Tsé-ki, celle qui est inspirée par la charité et la vertu: protection d'une part, gratitude de l'autre. La sympathie et le dévouement réciproque, c'est l'intimité des cœurs: Tse-Sin. Deux esprits qui s'apprécient, se pénètrent et s'accordent, sous une émotion commune, provoquée par la musique; c'est l'amitié née de l'harmonie des sons: Tse-Yu.
Maintenant, auditeurs qui voulez m'entendre, prêtez l'oreille à cette histoire—que les autres fassent comme ils voudront.—Je conte ces aventures d'amis illustres seulement à qui m'est ami. A qui ne l'est pas, je ne dis rien:
Au temps des guerres, entre les royaumes qui formaient alors la Chine, vivait un grand dignitaire dont le nom de famille était Yu, le prénom Tseu (bonheur), et le surnom Pé-Ya.