Ces navires étaient entièrement peints et dorés, avec de hautes voiles, l'habitacle était garni de tentures et de portières brodées, de tapis et de meubles superbes.

Le jour du départ, tous les ministres conduisirent Yu-Pé-Ya jusqu'à l'embarcadère, et après, des souhaits de bonheur, le quittèrent.

Sans s'inquiéter des distances, Pé-Ya voulut visiter les plus beaux sites. La splendeur de la nature est ce qui s'accorde le mieux avec les sentiments de son âme poétique et élégante. On déploya les voiles, la proue du navire fendit les flots bleus; les collines vertes s'étagèrent, l'eau pure s'étendit à perte de vue; sollicité de toute part par tant de beauté, Pé-Ya ne savait de quel côté arrêter ses regards.

Avant la fin du jour, il arriva au confluent du Yan-Tsé-Kiang et du Heu-Yan. C'était le soir du quinzième jour du huitième mois, au milieu de l'automne.

Mais voici qu'une tempête se lève; l'eau s'agite, la pluie, tombe à torrent; le bateau ne peut plus avancer, il s'arrête et jette l'ancre au pied d'une haute montagne.

Pourtant le vent cesse bientôt, les flots se calment, la pluie s'arrête; les nuages s'écartent et le disque très pur de la lune se présente.


Avant la fin du jour, il arriva au confluent des deux rivières....