—Moi très humble, si je ne l'avais pas su, je ne me serais pas arrêté pour l'écouter. Le morceau que Votre Grandeur a joué tout à l'heure, c'est Khon-Tsé (Confucius) qui l'a composé, en pensant à son disciple préféré Hy-Houëi.

«Quelle pitié! ô triste sort d'Hy-Houëi mort si jeune!

«Depuis qu'on le pleure les cheveux ont eu le temps de se couvrir de gelée blanche.

«Il était si heureux, lui, de sa petite maison, de sa corbeille de riz et de son gobelet à boire!»

Vous avez joué jusque-là, vous n'avez pas dit le quatrième vers, mais je m'en souviens:

«Dans le monde il a laissé à jamais le nom d'un sage.»

Pé-Ya fut très heureux en entendant cette réponse, et il s'écria:

—Maître, il est certain que vous n'êtes pas un homme ordinaire; mais vous êtes bien loin de moi et il ne m'est pas facile de causer.

Il ordonna alors aux marins de poser le pont volant et de tendre la gaffe qui sert de rampe, puis de prier l'inconnu de descendre dans l'habitacle afin de pouvoir tout à son aise approfondir la question. Les serviteurs exécutèrent l'ordre et l'homme monta sur le bateau.

C'était vraiment un bûcheron. Il était coiffé d'un chapeau en feuilles de bambous, et couvert d'un manteau de paille; il s'appuyait sur une pique, avait sa large hache passée à sa ceinture et il était chaussé de souliers en jonc tressé.