—Je n'oserais pas être, en quoi que ce soit, d'un autre avis.

Le domestique avait emporté le précieux kin, disposé la table et servi le dîner.

Pé-Ya demanda encore:

—Alors, Seigneur, vous parlez le dialecte de Tson? Je ne sais pas où se trouve votre illustre maison.

—J'habite non loin d'ici, répondit Tse-Tchi. Ce pays s'appelle Ma-Hine-Shan (Montagne du coursier paisible); le nom de mon village est Tsi-Tyé (demeure des sages); ma hutte se trouve là.

—Bien! bien! dit Pé-Ya, en hochant la tête. Quelle est votre élégante profession?...

—Je ne fais pas autre chose que de couper du bois pour vivre.

Alors, en souriant, Pé-Ya dit:

—Monseigneur Tse-Tchi, l'humble magistrat craint de vous dire toute sa pensée de peur de vous blesser; mais pourquoi un homme de votre talent ne brigue-t-il pas, dans le palais, une place digne de ses mérites, qui lui permettrait de laisser un nom illustre, qui serait plus tard gravé sur le bambou et le sapin?... Pourquoi cacher de tels mérites dans les forets de la montagne? Vous mêlez les marques de vos pas à celles des bûcherons et des bergers, et vous mêlerez vos restes aux détritus des arbres et des plantes. Je ne trouve pas cela réjouissant.

—Seigneur, je ne vous cacherai pas la vérité, répondit Tse-Tchi. Dans ma maison, au-dessus de moi, j'ai deux vieux parents; au-dessous de moi, il n'y a pas de bras qui puissent les soutenir. Donc, je coupe du bois pour vivre, et je continuerai tant que mes parents compteront les années. M'offrirait-on une situation égalant celle de trois ducs, je ne consentirais pas à les quitter un seul jour.