Puis suivait la relation des circonstances dans lesquelles le crime avait été découvert.
—Voilà une singulière histoire, dit le gouverneur, lorsqu'il eut achevé sa lecture; pourquoi cet honnête commerçant s'est-il rendu coupable de ce méfait, sans profit pour lui? Ignorait-il la peine qu'il encourait?
Près de lui, Princesse-Blanche se tordait de rire. Tchin-Tchan se retourna brusquement vers elle.
—Eh! quoi! méchante enfant, s'écria-t-il, tu te réjouis d'une façon aussi immodérée à propos d'un pauvre homme qui va recevoir cent coups de gros bambou?
—Ne me gronde pas, père vénéré, dit Princesse-Blanche, car je puis t'apprendre, moi, pourquoi cet humble libraire s'était ainsi travesti en mandarin.
—Vraiment! tu me ferais plaisir en me disant ce que tu sais.
La curieuse A-Tei, s'était rapprochée de sa maîtresse, celle-ci lui jeta un regard d'intelligence.
—Le mandarin Sang-Yong n'est autre qu'un honnête marchand, fort épris d'A-Tei, dit-elle, il la prenait pour une princesse, et afin d'atteindre son cœur, il s'était fait mandarin.
—L'histoire est plaisante, dit le gouverneur qui ne put s'empêcher de rire, mais le malheureux va payer cher son imprudence.
—Comment! Comment! s'écria A-Tei toute attristée, l'aimable Sang-Yong recevrait-il vraiment cent coups de bambous!