—Ah! c'est vrai, c'est ma fête aujourd'hui, dit-elle avec un mouvement d'ennui, pourquoi suis-je née en hiver?
On écarta les châssis des fenêtres.
—Voyez donc quel beau temps, maîtresse!
Le ciel, en effet, comme s'il eût été un simple courtisan, s'était, pour cette fête, paré d'un bleu très doux, dans lequel roulait un gai soleil, d'un or un peu pâle.
Languissamment, la princesse s'avança sur la galerie extérieure et s'accouda à la balustrade. Mais alors, quel cri de surprise et de joie! Qu'est-ce qu'elle voyait là? était-ce possible? des fleurs, partout des fleurs! le printemps était venu!
Elle se frottait les yeux, croyant rêver.
—Comment, disait-elle, en se tournant de tous côtés, en courant d'un bout à l'autre de la galerie; les amandiers! les pêchers rouges! les pommiers blancs et roses, et les grands arbres! quel miracle.
Par toutes les avenues affluaient les visiteurs, venant rendre leurs devoirs à la princesse, les seigneurs à cheval, les femmes nobles dans des chars traînés par des bœufs, ou dans des norimonos. La cour sortait des palais, se réunissait sur les terrasses. Fiaki se hâta de descendre.
Le prince, tout riant de plaisir, la reçut au bas des degrés. Les larmes aux yeux, elle se jeta dans ses bras en s'écriant:
—Père! père! tu vois bien que tu es un dieu!