—Que j'ai eu la niaiserie de provoquer par un bavardage inutile... fit Mme Montgomery. Vous m'en voulez? demanda-t-elle à Sylvia.

—Non, ma chère Liliane, au contraire, je vois que vous m'aimez vraiment!

Fargeas faisait, en se tordant les lèvres, une petite moue mécontente.

—Ah! les émotions, les surexcitations... c'est pourtant défendu ça!... C'est comme le bord de la mer.... Je ne crois pas que ça nous réussisse, le bord de la mer!... Décidément il faudrait essayer des montagnes.... Bagnères.... Cambo... ou tout bonnement revenir à Paris.... C'est encore là qu'on a le moins froid l'hiver et le moins chaud l'été!

—On n'est jamais mieux que chez soi!... dit Liliane. Et j'ai une idée, docteur: si Sylvia retournait tout bonnement en Amérique?

Fargeas fit de la tête un signe négatif.

—Une traversée! Non, non. Ne songeons pas à cela. Mais je voudrais, sans aller aussi loin, en restant en France, du calme, du repos.... Avez-vous une plume? Je vais rédiger une ordonnance....

Et pendant que, sur le bureau de Sylvia, il écrivait rapidement, Mme Montgomery lisait par-dessus son épaule:

—Iodure de sodium, 50 centigrammes par jour à continuer pendant un mois, dans une tasse de tisane de valériane, matin et soir.

—C'est toujours la même chose! dit-elle.