—Quelle union? interrompit Éva. M. de Solis vous a-t-il chargée de me parler pour lui?

—Non, je vous ai dit que votre oncle....

—Mon oncle n'ignore pas que mes idées sur le mariage sont très nettes. Le serment que je prêterai, comme je le disais tout à l'heure, sera pour toute mon existence, et je n'accepterai ce même serment que d'un homme qui m'aimera comme je l'aimerai, de toute son âme. Je ne parle pas de M. de Solis. Je parle de moi qui ne l'aime pas.

Ces mots avaient été dits avec une décision qui sentait la vérité, et Sylvia, dans son regard triste, laissa passer l'éclair d'une joie involontaire.

—Vous ne l'aimez pas, Éva? Vous n'aimez pas M. de Solis?

—Non.

Mais Sylvia insistait:

—Regardez-moi bien! Vous êtes ma sœur! Une sœur chérie! Il m'a semblé surprendre en vous, lorsque l'on parlait de M. de Solis....

—Je n'aime pas M. de Solis, interrompit la jeune fille. Et, je vous le répète, je ne serai la femme que d'un homme que j'aimerai!

La réponse, cette fois, avait dans sa résolution quelque chose d'hostile qui inquiéta mistress Norton.