Sylvia laissa simplement échapper un «ah!» qui pouvait paraître résigné.

—Et pour ne plus revenir en France! dit lentement Norton, en la regardant bien en face, de ses yeux gris.

Elle ne pouvait se tromper sur l'intention de ces derniers mots et elle dit, un peu ironique à son tour, puis vraiment triste:

—Vous avez une manière de m'annoncer que nous ne reviendrons jamais qui ressemble à quelque chose comme une menace. Vous ne m'avez pas habituée à ce ton-là.

—Je vous remercie d'y avoir pris garde, répondit Norton. Mais, chaque jour, on découvre du nouveau auquel il faut s'accoutumer, si l'on peut. Moi, je ne pourrais pas!

—Vous parlez par énigmes. Je ne vous comprends pas. Mais pas du tout.

—Il n'est pas utile que vous compreniez, pourvu que vous partiez!

Il se promenait maintenant à travers le salon, sa haute taille et ses épaules larges un peu tassées comme sous un fardeau inattendu, et faisant craquer ses doigts, machinalement.

—Mais, en vérité, dit Sylvia, vous semblez bien moins préoccupé de retourner en Amérique pour arranger vos affaires que de me faire quitter la France?

Il s'arrêta et, très froid, avec un sourire: