—Une question, interrogea Sylvia. Votre fortune? Compromise, m'a-t-on dit?
Richard haussa les épaules.
—Que vous importe? Je la referai. Honnêtement, loyalement.
—Vous referez cette fortune... seul? demanda-t-elle en le regardant en face.
—Seul!
—Eh bien! dit-elle en relevant la tête, et votre compagne de tous les jours, qu'en faites-vous?... Elle a partagé votre luxe, elle partagera votre misère!
Il recula comme si on l'eût repoussé brusquement, et Sylvia, les yeux ardents, répétant avec une sorte d'exaltation les paroles d'autrefois, les paroles de dévouement et de devoir:
«—Vous prenez cet homme dans la bonne comme dans la mauvaise fortune, dans la santé comme dans la maladie, dans la pauvreté comme dans la richesse!»
Et, superbe, tête haute, toute son honnêteté passant dans son regard et dans sa voix:
—Cet acte que vous me présentez, de quel nom le signerai-je? De mon nom de jeune fille ou de mon nom de femme? Vous ne savez donc point—et elle se tournait vers la marquise—ce qu'on dit de vous? On dit que vous avez volé vos actionnaires!... Norton! un voleur! infamie! Eh bien! ce nom de Norton que vous m'avez donné, je le garde, puisqu'on l'insulte.