—Malfaisant est joli! Un ban pour malfaisant!
—Non.... Mais, dit Fargeas, je suis sceptique en médecine... voilà ma force! J'ai remarqué qu'à tout prendre il n'y a jamais de maladies réelles que celles que l'on croit avoir!... Quand l'homme est réellement en danger, il se figure qu'il n'a rien de grave. Cette ignorance de son mal le rassure et il en guérit malgré le médecin! L'homme ou la femme est-il malade imaginaire? Comme à tout propos le médecin est consulté, alors... ah! alors, ça devient dangereux!
—Il n'y a donc à votre avis, demanda M. de Solis, que les maladies qu'on croit avoir?
—Évidemment, comme il n'y a que les passions qu'on se figure éprouver.
Le jeune Bernière, après avoir applaudi, se mit à protester.
—Oh! qu'on se figure!... qu'on se figure!... dit-il.
Le docteur Fargeas l'interrompit, et regardant ce joli garçon blond, frisé, avec une mince moustache finement retroussée sur des lèvres un peu pâles, et un monocle crispant, comme une hémiplégie, tout un côté de sa face, tandis que l'autre restait calme, avec un petit œil bleu perçant:
—Mais parfaitement, dit le médecin. Voyons, tenez: Quel âge avez-vous?
—Vingt-huit ans.
—Et, à vingt-huit ans, vous croyez avoir eu des passions?