—Très loin!

Liliane ajoutait, curieuse:

—Vous ne lisez donc pas les journaux?

—Peu!

—Moi, comme toute bonne Yankee, j'en reçois des ballots et je les dévore. D'abord, parce qu'ils parlent de moi. C'est amusant: «La belle Mme Montgomery!... La dernière toilette de Mme Montgomery!... Déplacements et villégiatures de Mme Montgomery!...» Il y en a qui risquent le «de»... de Montgomery! Ça me fait soupirer... oh! oui, soupirer... et sourire. Et puis ils me tiennent au courant de mes amis... d'Amérique. Oh! il ne se donne pas un souper chez Delmonico—notre Café Anglais à nous—que je n'en connaisse le menu. C'est très amusant, très amusant. Eh bien! M. de Solis—je ne sais pas où j'ai lu ça—M. de Solis voyage. Il risque sa vie je ne sais où pour je ne sais quoi. Mais il a failli être assassiné et un peu décapité par les Pavillons-Noirs... ou Jaunes... on ne sait pas au juste la couleur.

—Ah? avait fait encore Sylvia d'un ton qu'elle voulait rendre indifférent.

—Aussi, quoi!... On ne va pas chez les Pavillons-Noirs! On va à Paris quand on n'y est pas né et on y reste quand on est Parisien. C'est bien votre avis, Sylvia?

—Certainement. Mais....

—Mais quoi?

—M. de Solis?