Maintenant, Norton se trouvait seul dans le salon avec sa nièce et mistress Norton.

—Qu'est-ce que tu penses de M. de Solis? demanda-t-il à Éva.

—Charmant! On voit bien qu'il a voyagé en Amérique!

Et la jeune fille, tendant son front à son oncle et sa main à Sylvia, ajouta:

—Bonsoir!

—Bonsoir, chère enfant!

—Vous n'êtes pas souffrante, réellement? demanda Norton à sa femme.

Et il regardait, inquiet et préoccupé, le visage de Sylvia.

—Non, je vous remercie, je n'ai rien. Un peu de fatigue! Demain, il n'y paraîtra plus!

Demain! C'était précisément la pensée, le mot qui venait au cerveau de Norton. Demain!—Demain, il saurait si précisément Sylvia n'était pas celle qui faisait dire au marquis de Solis: «Jamais! jamais je n'épouserai une Américaine!»