—On serait pour l'Union!
Puis, regardant au loin la belle fille qui s'avançait sur les planches, entre le colonel, haut sur pattes comme un héron, et la colonelle, que suivait un petit homme gros, rougeaud, vêtu de gris clair:
—Ah! ça, mais, dites donc, la voilà, miss Arabella! Comment! A Trouville, à cette heure-ci? Que dira Deauville?... Elle ne s'est donc pas baignée!
—Vraiment! fit Liliane qui lorgnait du côté des Américains. Alors les reporters auront télégraphié la nouvelle au New-York Herald! Mais oui, mais oui, c'est elle! Et mon mari avec elle!
—Flirtant!
C'était M. Montgomery, en effet, et miss Arabella ne revenait pas du bain. Elle avait eu séance de portrait le matin, et Montgomery passant devant la villa louée, à Deauville, par le colonel, M. Dickson avait invité Montgomery à venir voir Arabella représentée à cheval sur le rivage, comme Olivarès campé sur sa selle. Et M. Montgomery était entré, souriant au portrait et faisant la grimace quand on lui avait nommé le peintre. Edward Harrisson! Ce traître d'Harrisson!
Puis, Montgomery avait ramené dans sa voiture les Dickson à Trouville et, sur la plage, on parlait encore de ce portrait, la seule préoccupation profonde, la seule pensée de Mlle Dickson....
—Voyez, madame, voyez; M. Montgomery flirte!...
—Oh! il peut bien flirter. Ce n'est pas dangereux, fit Mme Montgomery.
—Vous avez raison, miss Arabella, répétait Montgomery tout en s'avançant vers le groupe formé par Liliane, Bernière, le docteur et M. de Solis, votre portrait... grâce à vous, car le peintre n'est qu'un instrument... votre portrait sera étonnant! Un chef-d'œuvre!