—Fini sans espoir, fit Brécourt avec un geste plein d'un tel accablement, que de nouveau son ami eut pitié de lui….
—Mais pourquoi?
—Je vais te raconter ce qui s'est passé, mais je ne te l'expliquerai pas, car moi-même je n'y comprends rien et je m'y perds. J'ai été tellement assommé par ce coup, si imprévu pour moi et si cruel surtout, que je n'ai pas la perception nette des choses et que mes idées restent encore toutes confuses. C'est pour cela que je suis venu ici, que j'ai voulu confier mon malheur à quelqu'un…. Je n'aurais pas été assez fort pour le porter tout seul. Et peut-être que ton amitié pour moi te suggérera quelque chose … une idée à laquelle je pourrais accrocher un lambeau d'espérance. Je suis si malheureux!… Et peut-être pourras-tu me rendre le service que je vais réclamer de ton obligeance.
—Je suis tout disposé, cher ami, à t'être utile, dit Mareuil, qui était toujours prêt à rendre service à ses amis.
C'était un garçon gros, un peu égoïste, sur lequel les passions et le sentiment n'avaient pas grande prise, mais qui n'était pas insensible aux chagrins des autres et savait y compatir à l'occasion.
—Tu connais Laurence? dit Brécourt…. Tu connais surtout sa grand'mère.
—Je les vois rarement … mais nos familles ont été liées.
—Tu pourrais peut-être tenter près d'elle une démarche.
—Tout ce que tu voudras.
—Et avoir de madame de Frémilly l'explication qu'elle m'a refusée.