Le domestique s'éloigna et Régulus descendit dans la cour. Il avait hâte d'être hors du château. Les murailles semblaient peser sur lui de tout leur poids.
Il se promenait de long en large, en attendant que la voiture fût prête, devant la façade sombre, et il ne pouvait s'empêcher de lever les yeux vers les fenêtres, bien qu'il redoutât de voir derrière les vitres ou le visage de madame de Frémilly ou celui de sa petite-fille, qui pourrait s'étonner de le voir dehors à cette heure, et qui peut-être lui poserait d'embarrassantes questions.
Mais il avait déjà ses réponses prêtes.
Des affaires pressantes, qu'il avait oubliées, le rappelaient à Paris, et il était obligé de partir sans retard.
Toutefois, il aurait préféré ne voir personne.
Le tilbury fut attelé sans qu'une persienne eût bougé. Madame de
Frémilly et mademoiselle dormaient toujours.
Il sauta dans la voiture et donna ses ordres au domestique qui avait offert de le conduire, puis il se vit emporté bientôt dans un chemin étroit, creusé d'ornières, bordé de chaque côté par de hautes haies vives d'où l'eau tombait en gouttelettes.
A l'horizon, le soleil se levait, rouge, dans un ciel bas, couleur de perle.
De temps en temps, des oiseaux traversaient le chemin, sans cris, et ne faisaient d'autre bruit que le bruit doux de leurs ailes.
—Comme cela, dit le domestique, monsieur va prendre le premier train?