Puis il eut un hoquet, roula à terre et s'endormit.

DEUXIEME PARTIE

LE MAUDIT
I

Quelques semaines s'écoulèrent. Laurence, atteinte d'un mal que les médecins ne savaient définir, allait s'affaiblissant chaque jour. Aucune nouvelle n'arrivait aux recluses, au fond de la retraite où elles s'étaient confinées. La baronne, attribuant la pâleur, la nervosité de sa petite-fille, qui se plaignait aussi souvent de violents maux de coeur, la baronne, attribuant cet état à l'anémie causée par le chagrin d'être séparée de celui qu'elle aimait, avait écrit à M. Mareuil pour avoir des nouvelles de M. de Brécourt, et M. Mareuil avait répondu qu'il n'avait rien reçu de son ami. C'était une rupture complète, de la part de Jacques, avec tout ce qu'il laissait. Il était parti désespéré, sans doute, et sans idée de retour. Et c'est ainsi que s'expliquait son étrange silence.

Ah! comme madame de Frémilly, en présence de la langueur peut-être mortelle de la pauvre Laurence, regrettait sa sévérité, son intransigeance!

Combien de fois elle s'était dit déjà: «Ah! s'il revenait, quel qu'ait été son passé, avec quel empressement je lui mettrais dans la main la main de ma petite-fille, en lui disant: Soyez heureux!»

Il y avait l'enfant.

Laurence l'adopterait. Elle l'avait adopté déjà.

Hélas! il était trop tard. Jacques était parti, et Laurence se mourait.