—Elle aimait trop cet homme, ce misérable. Elle l'aime trop encore pour abandonner un enfant qu'elle aurait de lui.

—Le plus sage serait de les marier.

—On ne sait pas ce qu'il est devenu.

—S'il aime mademoiselle de Frémilly, il reviendra.

—Eh! sais-je s'il l'aime maintenant? N'est-il pas comme tous les hommes, injuste et trompeur? Il en a abandonné d'autres, il abandonnera Laurence. Il l'a peut-être déjà oubliée. C'est parce que je le savais ainsi, parce qu'on m'avait appris ses trahisons, que je n'avais pas voulu lui donner ma petite-fille. Ah! si Laurence voulait m'écouter, avoir foi en moi, nous irions vivre toutes les deux loin des hommes, et quand je ne serais plus, elle irait dans quelque cloître, à l'abri des passions, finir une vie désormais vouée au malheur.

—Et son enfant?

—Dieu veillerait sur lui!

—Non, dit le médecin, cela n'est pas sérieux, cela n'est pas raisonnable, cela n'est pas humain.

—Ce qui n'est pas humain, c'est de me faire souffrir ce que je souffre!

—Oui, ce qui se passe est cruel en effet.