—Je ne sais pas, grand'mère, dit Laurence, qui s'était ressaisie un peu, et que cette injustice qu'on mettait à l'accabler avait à la fin révoltée, je ne sais pas, comme vous le dites, si j'aurai un enfant, et de qui sera cet enfant; mais, né de moi, il ne me quittera jamais!
—Tu le promèneras à la main, comme le trophée de ta honte!
—Je ne l'abandonnerai pas….
—C'est moi alors qui t'abandonnerai, car je ne partagerai pas ton déshonneur!
—Vous ferez comme il vous plaira, grand'mère. Je vivrai seule avec mon fils, en pensant à Jacques.
—A cet homme qui t'a déshonorée et qui t'abandonne, avec, dans les flancs, le fruit de ta honte.
—Je n'ai rien à reprocher à Jacques.
—Pourtant si tu as un fils….
—C'est que Dieu aura voulu me le donner.
—Sans crime?