C'en était fait à jamais de son bonheur, mais il voulait savoir qui l'avait détruit, quel était l'auteur de l'infâme machination à laquelle s'étaient laissé prendre la baronne de Frémilly et Laurence.
Si celle-ci avait succombé, s'était donnée à un autre homme, c'était sans doute par dépit, par désir de vengeance, parce qu'elle s'était vue trahie par lui.
Il fallait que Jacques vît cette femme qui s'était fait passer pour sa maîtresse, sût par qui elle avait été envoyée, quel était l'horrible auteur de l'épouvantable complot.
Ne pouvant plus retrouver le bonheur qu'il avait rêvé, et qu'il rêvait encore en revenant à Paris, car il comptait que Laurence, en l'amour de qui il avait foi, lui serait demeurée fidèle; ne pouvant plus compter sur le bonheur, il voulait au moins satisfaire sa vengeance.
Mais il souffrait atrocement.
On le voyait à l'altération de ses traits, aux gouttes de sueur qui perlaient à ses tempes. Et malgré son insensibilité, Mareuil eut pitié de lui.
Il jeta sa serviette, se leva de table et demanda:
—Que vas-tu faire?
—Aller là-bas.
—Je pars avec toi. Je veux savoir aussi le fin mot de cette histoire. Et je ne veux pas t'abandonner. Je ne veux pas te laisser voyager seul, dans l'état de faiblesse où tu es, après la secousse que tu viens de subir, en proie au désespoir que je lis sur tes traits.