Et elle s'absorba de nouveau dans sa douleur.

V

Si la nouvelle de la mort de Jacques de Brécourt portait aux Chênes-Verts la désolation et le désespoir, elle soulevait dans une autre maison l'enthousiasme et la joie, une joie mauvaise faite de convoitises louches, de jalousie et de sournoises rancunes assouvies.

C'était chez Régulus Boulard, dans la petite chambre qu'il avait conservée après le départ de Noémie au sommet de Montmartre et dans laquelle naissaient et mûrissaient ses sinistres desseins, où il nourrissait ses malfaisantes rêveries.

Après la conversation qu'il avait eue aux alentours de Marconnay avec Noémie, le misérable avait vite compris qu'il avait fait fausse route, et que son ancienne maîtresse avait raison. S'il avouait son crime, il n'obtiendrait d'autre résultat que de se faire chasser ignominieusement, comme un indigne personnage qu'il était. Aussi, malgré ses bruyantes menaces, s'était-il tenu coi, cherchant un autre stratagème, qui le menât à ses fins par une voie plus sûre et plus rapide.

Il n'avait rien trouvé encore, quand il lut sur un journal, comme l'avaient lu madame de Frémilly et Laurence, le récit de l'assassinat du malheureux Jacques de Brécourt.

Sur ce journal, comme sur celui de la grand'mère et de la petite-fille, on laissait croire que le malheureux explorateur avait succombé.

Et Régulus se persuada sans peine qu'il était mort.

Alors un plan nouveau germa tout de suite en son esprit, et il ne douta pas un instant de la réussite de ce plan.

Il résolut donc de le mettre sans retard à exécution.