Elle semblait avoir vieilli beaucoup depuis le jour, pourtant rapproché, où Régulus l'avait vue au château de Marconnay.

Son visage était d'une pâleur extrême, et le tour des yeux rougi indiquait que souvent la pauvre dame pleurait.

En reconnaissant le visiteur, elle eut un mouvement de recul.

—Monsieur Doria!

Mais Régulus dit aussitôt.

—Je ne suis pas M. Doria. Je me suis présenté à vous, madame, sous un nom d'emprunt, à la suite de circonstances que je vais vous faire connaître. J'ai joué près de vous un rôle de dupe dont j'ai à vous demander mille fois pardon, si vous voulez bien avoir l'obligeance d'écouter jusqu'au bout ma pénible confession.

—Parlez, monsieur, fit madame de Frémilly, qui eut peine à cacher la surprise que lui causèrent ces paroles.

—Il faut d'abord, commença Régulus, que je vous dise qui je suis. Je ne m'appelle pas Romain Doria, mais Régulus Boulard. Je suis l'ami le plus intime, le plus ancien camarade de ce pauvre Jacques de Brécourt!

En entendant ce nom, madame de Frémilly fit un geste violent.

—Ne me parlez pas, fit-elle, de cet homme!